S'écouter, créer

A chaque instant, demain se crée. Apaisement, renaissance, régénération sont des créations. Elles découlent de l'état d'esprit. Y porter attention c'est du bon sens, mais comment ?

S'écouter, créer

Coming out pro, l’autre partie

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« Ne crée pas, documente ». C’est le message de Gary Vaynerchuck (en anglais).

A ce jour, ce type est le meilleur que je connaisse pour me motiver à mettre en œuvre ce dont je rêve ! Oui parce que rêver c’est ce que je sais faire de mieux – et réaliser ces rêves c’est ce dont j’ai profondément envie ! J’apprends donc chaque jour en osant faire ce que je ne sais pas faire, comme nous tous ! Globalement, ce Gary, il dit que l’essentiel est le processus : comment on s’engage dans cette grande aventure qu’est notre vie. Pleinement. Découvrir ce qui est vrai pour nous, le choisir et le transmettre. Pour lui, c’est la source de la valeur ajoutée d’un être humain. Et si c’était la clef pour poser notre pouvoir personnel dans le monde ? Sans l’imposer.

Lorsqu’il s’agit de créer, je me mets (encore trop) la barre super haut. Mais documenter, c’est à ma portée ! Merci Gary !

Voila : j’ai créé ma structure. J’ai donc participé mardi dernier à « Bouge ta boite ». J’y ai écouté plein de témoignages extra, entendu des chefs d’entreprises généreux, humbles, qui explorent le bien-être au travail (souvent sans penser au leur), qui expérimentent l’entreprise agile et même l’entreprise libérée, qui ont l’ADN de la responsabilité, y compris la responsabilité sociétale dans un monde en transformation permanente et complètement incertain. J’ai entendu des hommes et des femmes parler de vulnérabilité avec clarté : « Il n’y a pas de recette, je fais de mon mieux en laissant le plus possible la place aux autres pour s’exprimer et se responsabiliser« , « Je doute toujours quand j’ai une décision à prendre parce que les décisions que j’ai à prendre sont celles pour lesquelles personne n’a pu faire de choix« , « J’ai fait confiance à mon intuition et ce sont les rencontres qui m’ont permis d’avancer, des rencontres avec des gens qui m’ont fait confiance, même s’ils n’avaient aucune garantie matérielle et que j’arrivais de nulle part« .

Alors si je documente mon processus intérieur, voila ce que je peux dire (mais avant, juste une petite digression).

Ce matin, j’ai inscris ma fille à un atelier pour apprendre à faire des carnets de voyage, car elle part en voyage dans deux semaines à 12000 kms. Curieuse, je suis allée visiter le site d’un des animateurs. Il se trouve qu’il est aussi facilitateur graphique ; j’ai vu qu’il a facilité le hackathon du management en 2017 (je ne connaissais pas !). Justement, j’ai trouvé ca qui synthétise super bien tous les enjeux du « nouveau management » dont j’ai entendu parler mardi ! Tous, inclus les aspects liés au bonheur (voir même à l’épanouissement) au travail. Irrationnel, n’est-ce pas, cette façon de trouver pile poil ce dont j’ai besoin sans le chercher, juste en étant présente à ma propre vie ?

Premier point : Dans tous les débats auxquels ces entrepreneurs se sont livrés, chacun à sa manière a tenté de rationaliser ; pourtant j’ai constaté qu’il y a toujours un moment où ce qui fait sens est apporté par l’irrationnel, comme si c’était la source des toutes les possibilités. Est-il encore d’actualité d’enfermer l’irrationnel dans le tiroir « art » ou « mystère » ? C’est un fait : en tant qu’être, nous sommes irrationnels. Ça me plait autant que ça m’oblige à lâcher encore des idées reçues, fruits de la rationalité qui induit trop souvent une certaine addiction au contrôle mental.  Oui, lâcher des idées reçues, surtout celle là : « Tu dois pouvoir expliquer tout ce que tu choisis d’utiliser« . C’est le moment du coming out complet :  je dois vous dire que je préfère une autre manière de faire.  En prendre conscience et avoir envie d’en faire sa vie, ça m’a pris du temps ! Et si on assumait notre irrationalité, comment on réaliserait nos rêves ? Est-ce que cela ne nous permettrait pas à avancer plus vite, plus grand, meilleur, avec plus de justesse, de joie et de légèreté ? Pour moi, faire avec l’irrationnel, c’est impliquer l’inconscient créatif. Et pas seulement parce que depuis quelques années, on voit s’activer à l’IRM des connexions neurologiques hors de portée de la conscience (sans parler des astrocytes). Notre inconscient créatif, source de notre innovation personnelle, nous pouvons nous autoriser à ce qu’il prenne sa place aux côtés de notre conscient. C’est rationnel : le conscient traite quoi 40 informations à la minute max ? Alors que l’inconscient en traite plus de 11 milliards. Ça laisse rêveur… Savoir impliquer son inconscient cognitif est une façon de se donner de plus en plus d’ouverture, à soi, aux autres, au monde. Ici, avec ce texte, peut-on se donner d’assumer sa propre irrationalité ? A compter de maintenant, je choisi d’avancer avec elle, en l’investissant, en la cultivant joyeusement au grand jour (au moins) autant que j’investis la rationalité. Et vous, jusqu’où êtes-vous prêt à utiliser sciemment votre irrationalité, à l’investir en tant que telle avec les autres pour avancer pleinement dans vos activités ?

Encore une digression :

En parlant de débat justement, hier soir j’ai lu sur LinkedIn une discussion conduite par un autre type inspirant, Frédéric Bascunana. Son truc à lui c’est la sincérité à travers l’entreprenariat (et plein d’autres choses). Il a partagé sa préoccupation avec une question simple : doit-on ou pas s’engager dans le débat, notamment avec des détracteurs ? Parmi les personnes qui ont donné leur avis, il y a le fondateur de Bluenove, une société qui a inventé une plateforme de discussion assistée par l’intelligence artificielle. Curieuse, je suis allée écouter sur Youtube à quoi ça sert. Avec cette initiative, il facilite l’action en établissant le consensus des avis, individuels ou citoyens. Par exemple, il met sa plateforme à disposition de la Commission Européenne pour consulter des millions de personnes et synthétiser leurs propositions en vue de rédiger une nouvelle constitution.

Que dit cet entrepreneur ? Il dit que les structures peuvent devenir meilleures et plus sensées dans leurs innovations en s’ouvrant et en étant plus coopératives. Il dit que ce fonctionnement ouvert et collaboratif nécessite :

  • d’avoir le courage de s’impliquer (du courage, une bonne dose, parce que de quoi on aura l’air si personne ne joue le jeu ? ) ;
  • de montrer sa vulnérabilité (bah oui, on doit dire que l’on ne sait pas pour que quelqu’un ailleurs puisse dire : « je connais ce problème, je peux contribuer ») ;
  • de challenger les experts (heu, pas très confortable d’être expert quand la solution innovante va provenir de béotiens…).

Il dit que l’ouverture et la coopération vont faire naitre de nouvelles compétences, telles que :

  • savoir créer des ponts, des liens (entre  les individus, les départements, les entreprises, …) ;
  • oser plus ( surtout oser créer des associations qui n’avaient jamais été faites, pour essayer et trouver de nouvelles choses) ;
  • gérer mieux les risques (et l’incertitude associée, car toute tentative n’aboutit pas forcément à une innovation enrichissante).

Il dit au final que vivre dans une structure qui fonctionne avec un processus d’innovation ouverte et coopérative crée un environnement où l’on peut librement partager ses idées et être reconnu, considéré et encouragé ; que même si votre idée n’est pas retenue, vous allez continuer à vous impliquer et à vous épanouir dans votre travail. De sorte que votre talent va se déployer et attirer d’autres talents avec lesquels vous allez continuer à étendre une dynamique pro-active. BINGO !  Si ça ce n’est pas le bien-être au travail puissance x, je me demande ce que c’est ! Bonne nouvelle, ce bien-être, il percole dans la vie personnelle. Oui parce que la séparation entre l’identité pro et perso, il est possible que ce soit aussi un mythe hérité de la première révolution industrielle… Si l’on veut actualiser sa façon de penser pour être à l’heure de la quatrième, faudrait pas trop tarder à se ré-associer).

Revenons à mon  histoire de Bouge ta boite. Le second point que j’ai observé dans tous ces débats d’entrepreneurs, c’est que chacun à sa manière a tenté de trouver les outils facilitant le changement (des façons de faire, des managers, des trucs extérieurs) ; pourtant si on réfléchissait (au sens propre du terme) ? En soi vers l’autre, comme dit un autre Gary (Friedman, celui là). Comme j’aime bien la cohérence (et que je suis maman de 3 enfants qui, comme tous les enfants, font ce que je fais et pas ce que je dis), je souhaite depuis longtemps incarner cette maxime « Sois le changement que tu veux voir dans le monde« . Surtout quand le monde semble une impasse. Hypothèse : le discours du fondateur de Bluenove vous intéresse ? Bien, remplacez « entreprise » par « je », pour voir ! Ça donne quoi ? Un truc qui s’applique aussi en famille. Une dynamique personnelle de nature à anticiper l’évolution des modes de fonctionnement des entreprises aptes à l’innovation, n’est-ce pas ? Effectivement, il va falloir savoir créer des liens entre des choses qui apparemment n’en n’ont pas, oser plus, faire avec l’incertitude annoncée. Et si on s’accordait individuellement la liberté d’être ouvert et collaboratif, au lieu d’attendre que l’évolution du monde fasse de nous des êtres qui aient le courage de s’impliquer, de montrer leur vulnérabilité, de ne plus réserver l’expertise aux seuls experts (nos propres automatismes) ?

Ça c’était le gâteau. Il y a une cerise dessus, le dernier point : l’appartenance. Le saviez-vous : la nature ne privilégie pas les individus les plus forts mais les groupes les plus forts c’est à dire les plus coopératifs.  Et si on connaissait l’importance de choisir son clan, accéderions-nous tout naturellement à cette capacité (et ses bénéfices) ? La compétition l’agression, la duplicité et l’égoïsme existent aussi mais ils sont des facteurs de stress défavorables à moyen terme. En entreprise, ce n’est pas que le projet qui constitue la clef de l’implication mais le sentiment d’appartenance qu’il va faire naitre (ou pas). C’est le sentiment d’appartenance qui est de nature à transcender les individualismes (et leurs travers). De même dans la famille, en société, entre les cultures, à toutes les échelles des systèmes humains. Ce sentiment de faire partie de quelque chose de plus grand. Et vous, consciemment, à quoi décidez-vous de contribuer ? Oh pas forcément par passion, juste parce qu’il vous apparait peut-être aussi utile à vous qu’à nous, en ces temps bouleversés, de faire peser la balance dans le sens de l’innovation humaine. C’est à dire la capacité à inventer un futur (au moins le votre) qui nous élève, ensemble. Ça vous parait impossible ? Vous ne savez pas tout à fait comment faire concrètement ? Dites-nous et faisons ensemble !

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