Et de bien d’autres maux. Votre cerveau ne se régénère pas pendant la stimulation constante. Il se régénère pendant les moments de silence et de repos. Or guérir, c’est régénérer d’une manière qui passe par aller vers l’inconnu, se risquant à de nouveaux choix, perdant ses anciens repères, s’exposant à des émotions jusqu’alors soigneusement écartées. De quoi votre cerveau a besoin pour ce faire ? Découvrez comment les neurosciences révèlent le rôle crucial du calme dans votre guérison.

Temps de lecture : 14 min – Podcast disponible ici

Si vous êtes comme la plupart des personnes que je soutiens, vous passez probablement vos journées dans un tourbillon d’activités. Vous consultez votre téléphone dès le réveil, enchaînez les rendez-vous médicaux, les appels, les emails. Vous essayez de « rester occupée » pour ne pas penser, consommant des podcasts, des articles, des vidéos sur la maladie, le cancer, la guérison, les alternatives, la spiritualité…

Et puis, la nuit, votre cerveau n’arrive pas à s’arrêter. Les pensées tournent en boucle. « Pourquoi moi ? », « Et si ça revient ? », « Qu’est-ce que j’ai fait de mal ? », « Qu’est-ce que vont endurer mes proches? ».

Ce que vous ne savez peut-être pas, c’est que cette stimulation constante empêche votre cerveau de faire exactement ce dont il a besoin pour guérir : se régénérer.

Les neurosciences nous révèlent aujourd’hui quelque chose de contre-intuitif, mais fondamental pour votre guérison. Votre cerveau ne devient pas plus fort quand il est constamment sollicité. Il devient plus fort pendant les moments de silence, de repos, et même de vacuité voire d’ennui. Quand la stimulation constante épuise votre système nerveux.

Regardez votre journée type. Notifications téléphone. Actualités sur le cancer. Groupes de soutien Facebook. Messages WhatsApp de votre famille qui , vous le sentez, s’inquiète. Podcasts sur la guérison alternative. Recherches Google sur vos symptômes. Votre cerveau enchaîne d’un stimulus à l’autre, sans jamais avoir le temps de traiter réellement l’information. Cette surcharge constante maintient votre système nerveux dans un état de stress chronique. Au lieu de diriger calmement votre attention, votre attention ( et donc, votre énergie qui la suit et votre cerveau qui la fonctionne avec elle) est tirée d’un côté puis de l’autre, comme une marionnette dont tout le monde tire les ficelles.

Ce que dit la science aujourd’hui
Une étude de l’Université Stanford a démontré que les personnes soumises à un multitasking médiatique constant obtiennent de moins bons résultats aux tests d’attention (et de mémoire). Leur cerveau devient moins efficace pour filtrer les informations non pertinente.

Quand tout se bat pour votre attention, votre capacité d’apprentissage diminue, votre clarté mentale s’effondre, et votre niveau de stress augmente.

Un cerveau sur-stimulé perd aussi sa capacité à s’autoréguler. Au lieu de pouvoir se calmer naturellement, il reste coincé dans un mode « hypervigilance » qui alimente l’anxiété, les ruminations et l’épuisement mental.

Le silence interrompt ce cycle.

Le calme permet de passer du mode réactif au mode intentionnel. Vos systèmes attentionnels peuvent enfin récupérer. Votre esprit retrouve sa capacité à se concentrer. Votre système nerveux peut redescendre. Vous pouvez enfin choisir au lieu de juste réagir.

Chaque fois que vous choisissez d’apprendre quelque chose de nouveau, une nouvelle façon de penser votre cancer, une pratique de méditation, une technique de respiration, votre cerveau crée des connexions neuronales fragiles et temporaires. Ces changements initiaux ne sont pas encore permanents. Ils doivent être renforcés pour s’établir.

La neuroplasticité est la capacité de votre cerveau à réorganiser structure neuronale physique en fonction de vos expériences (et nous allons le voir, les activités ne sont pas la manière la plus simple dont ces réseaux se forment, la synchronisation de certaines ondes cérébrales crée des réseaux neuronaux bien plus aisément, avec une économie d’énergie et de moyens).

Les changements initiaux sont temporaires. Votre cerveau enregistre d’abord le changement, qui ne devient permanent que si l’expérience associée est répétée, c’est à dire à nouveau choisie.
Mais voici ce que la plupart des gens ne réalisent pas : la neuroplasticité ne se produit pas pendant l’input constant. Elle se produit après, pendant les périodes de repos. Autrement dit, la neuroplasticité ne s’établit pas pendant l’input mais pendant le repos.

L’étude qui a tout changé
Dans une étude publiée dans la revue Neuron, des scientifiques ont découvert que pendant le repos éveillé, le cerveau rejoue les informations nouvellement apprises. Ce « replay » renforce les connexions neuronales. Sans cette période de repos, les connexions restent fragiles et les mémoires s’effacent plus rapidement.

C’est pourquoi, aussi paradoxal que cela puisse paraître, la stimulation constante va contre l’apprentissage, l’ouverture à l’inconnu. Quand vous enchaînez lectures, podcasts et groupes de soutien sans pause, vous restez en mode « input ». Votre cerveau n’a jamais le temps calme nécessaire pour installer et intégrer ce que vous venez de percevoir.

Comment votre cerveau fonctionne vraiment : l’analogie du poste radio
Pour comprendre ce qui se passe réellement dans votre cerveau, il faut d’abord comprendre comment il traite l’information. Et pour ça, nous allons nous tourner vers les travaux révolutionnaires du Professeur Earl Miller, neuroscientifique au MIT. Il étudie les ondes cérébrales depuis plus de 30 ans. Ses découvertes ont transformé notre compréhension de la conscience, de l’apprentissage et de la guérison. Voici ce qu’il a découvert : votre cerveau fonctionne comme un poste radio (minutes 20 à 23).

Les champs électriques peuvent régénérer le cerveau à l’échelle moléculaire aussi. L’anatomie du cerveau n’est pas une fatalité. L’arborescence neuronale s’apparente au réseau routier et autoroutier : elle indique où la circulation (les signaux neuronaux) peut se diriger. Les rythmes cérébraux régulent cette circulation et ouvrent de nouvelles voies. Le cerveau, comme la radio FM, est traversé de différentes bandes de fréquences, transportant différents types de signaux (informations).

Suivant cette logique, il est plus aisé de concevoir les résultats de l’étude des religieuses de Milwaukee et Baltimore, présentant des cerveaux avec des atteintes dégénératives de type Alzheimer avancées alors qu’elles n’avaient manifesté aucun symptômes cliniques de dégénérescence cognitive et avaient eu une existence complètement normale, avec toutes leurs capacités. Grâce à une vie intellectuelle, spirituelle et sociale active, des contemplations, des méditations, des discussions, des chants, des prières, une implications dans leurs œuvres, alors même que leurs cerveaux se dégradaient, leur éveil actif régénérait la neuroplasticité par une création permanente. Serait-ce le fruit de la pleine présence, branché sur les ondes Gamma au quotidien ?

Les trois fréquences principales de votre cerveau
Tout comme un poste radio capte différentes fréquences (FM, AM, ondes courtes…), votre cerveau fonctionne avec des ondes électriques à différentes fréquences. Le neurologue Hans Berger découvrit en 1924 leurs minuscules champs électriques d’environ 10 microvolts. Assez vite, la médecine se mit à explorer les propriétés de ces ondes électroencéphalographiques (EEG) et mis au jour que leur fréquence et nos états mentaux était liés. Puis compris que les ondes cérébrales pouvaient être influencées par l’influx sensoriel : un stimulus externe (visuel, auditif, oflactif, tactile, en un mot sensitif) qui vibre à un rythme correspondant à une plage de fréquence cérébrale peut générer la synchronisation de notre cerveau (dont les ondes vibrent à un rythme similaire).

C’est ce qui explique que se tenir la main soulage la douleur, simplement par synchronisation des ondes cérébrales. Nos états internes sont donc tout naturellement sensibles à nos sens. Et inversement, à travers les portails sensoriels, nous pouvons moduler nos états d’âme, non seulement pour nous même mais aussi pour les autres.

Synchronisation et résonance
Cette synchronisation interne/externe passe par le phénomène universel de résonance. La résonance est la tendance naturelle d’un système oscillatoire (caractéristique de tous les systèmes de notre monde) de réagir à un champ extérieur qui vibre à une fréquence similaire à la sienne. Quand les fréquences sont assorties et se synchronisent, alors l’énergie peut être transférée et amplifiée avec une parfaite efficacité. Ce phénomène se produit à toutes les échelles.

Les ondes cérébrales elles-mêmes sont un exemple de résonance puisqu’elles sont produites lorsque des millions de neurones individuels, émettant chacun une minuscule pulsation chaque fois qu’ils expriment un signal, commencent à opérer de manière synchrone. Leurs champs se synchronisent et s’additionnent jusqu’à être détectable à travers le crâne sous forme d’onde électroencéphalographique (EEG).

Chaque fréquence cérébrale porte un type d’information spécifique. Bien qu’il en existe d’autres (comme les ondes Delta correspondant au sommeil), les trois suivantes sont les principales :

Ondes Gamma (30-100 Hz) Activité cognitive d’ordre supérieur et détails sensoriels ou moteurs. En tant que « chef d’orchestre » du cerveau, elles maintiennent le reste du cerveau en état synchrone. Les ondes gamma transportent les informations sensorielles du moment présent : ce que vous voyez, entendez, ressentez maintenant, méditation ou intense concentration consciente. Ce sont les ondes de l’expérience directe (dont des expériences mystiques ou d’émerveillement), de la nouveauté (et des moments « ah ah ! » en mode révélation), de l’encodage de nouvelles informations mais aussi du sommeil paradoxal (REM sleep) ou des cerveaux de méditants expérimentés lorsqu’ils sont au repos.

Ondes Bêta (14-30 Hz) Le contrôle et l’inhibition
Les ondes bêta sont associées à la connaissance acquise, aux périodes d’activité mentale et d’attention tournées vers le monde extérieur (c’est à dire l’état dans lequel fonctionnent la plupart de occidentaux au quotidien). Elles portent les règles de la société, les règles du jeu (acquises par la culture, cet « ensemble d’informations que vous savez que les autres savent »), les objectifs et le contrôle cognitifs. Elles agissent comme un « frein » qui détermine quelles informations peuvent être acceptées et lesquelles doivent être rejetées, supprimées.

Ondes Alpha (9-13 Hz) La détente
Les ondes Alpha sont le rythme naturel de repos, accompagnant la détente. Dans cet état, l’attention est tournée vers l’intérieur, offrant un profond état de relaxation et de relâchement.

Ondes Thêta (4-8 Hz) La mémoire et la créativité
Les ondes thêta sont associées à la créativité et les états créatifs, l’apprentissage (mémoire profonde), à l’imagination, la visualisation, à l’intuition, les rêves. Nous nous y plongeons naturellement pour passer à l’endormissement ou lorsque nous nous éveillons. Ces ondes participent à la création des nouvelles connexions neuronales lors de la synchronisation.

Les ondes gamma sont relatives aux informations sensorielles à propos du monde extérieur, depuis le cortex sensoriel à l’arrière du cerveau, vers l’avant, le cortex frontal, exécutif. Dans la direction opposée, les ondes bêta contrôlent le trajet du cortex frontal vers le cortex sensoriel. En profondeur, le cortex présente 6 couches (comme des peaux d’oignons) dans lesquels ce processus de contrôle se retrouve aussi. Schématiquement, les ondes gamma effectuent un mouvement bottom-up depuis la sensitivité vers l’exécution et les ondes bêta, un mouvement top-down à partir des modalités d’exécution acquises.

Les découvertes de Earl Miller (MIT)
Dans une série d’études publiées entre 2016 et 2024, l’équipe de E. Miller a démontré que :

Le problème, c’est que les ondes bêta « écrasent » les ondes gamma et thêta.

Voici où ça devient crucial pour votre guérison
Les ondes gamma et thêta créent la synchronisation neuronale. Quand vos neurones se synchronisent sur ces fréquences, ils forment de nouveaux réseaux, de nouvelles façons de penser, de nouvelles connexions, de nouvelles possibilités de guérison.

Mais ces fréquences sont constamment « écrasées » par vos ondes bêta.
Pourquoi ? Parce que les ondes bêta dominent quand vous êtes en mode « contrôle », « vigilance », « analyse ». Et devinez quand vous êtes dans cet état ? Quasiment tout le temps.


Résultat : vos ondes bêta maintiennent un « frein » constant sur les ondes gamma et thêta. Votre cerveau ne peut pas créer les nouvelles synchronisations neuronales dont il a besoin pour guérir. Les nouvelles connexions que vous essayez de former (méditation, visualisation, nouvelles croyances, ouvertures sensibles sans émotivité) sont constamment supprimées avant de pouvoir se stabiliser.

« L’interaction entre bêta et gamma agit exactement comme on s’attendrait à ce qu’un mécanisme de contrôle volontaire agisse. Bêta agit comme un signal qui contrôle l’accès à la mémoire de travail. Il efface la mémoire de travail et peut agir comme un interrupteur d’une pensée ou d’un élément à un autre. » Earl Miller, MIT (2018).

Le silence libère les ondes gamma et thêta
Maintenant, voici la bonne nouvelle :
Pendant le silence et le repos, les ondes bêta diminuent naturellement. Ce « frein » se relâche. Et quand ça arrive, les ondes gamma et thêta peuvent enfin émerger librement.
C’est exactement ce que les recherches de E. Miller ont démontré : « Quand vous avez besoin de récupérer des informations stockées dans votre mémoire de travail, votre cortex peut relâcher la puissance bêta pour laisser gamma augmenter.« 
En d’autres termes : le silence n’est pas « rien ». C’est l’espace où votre cerveau peut enfin créer les nouveaux réseaux neuronaux dont vous avez besoin.

Pendant le silence :

C’est pourquoi la contemplation, la méditation, la prière silencieuse, les promenades dans la nature sans téléphone, ou simplement s’asseoir tranquillement pendant quelques minutes sont si puissants pour la guérison. Ce ne sont pas des « pauses ». Ce sont les moments où votre cerveau fait son vrai travail de régénération.

Le silence fait physiquement croître votre cerveau
Le silence ne vous aide pas seulement à penser plus clairement. Il fait littéralement croître votre cerveau.

Neurogenèse : la naissance de nouveaux neurones
Une étude publiée dans Brain Structure and Function montre que passer du temps dans le silence conduisait au développement de nouvelles cellules cérébrales dans l’hippocampe, la partie du cerveau essentielle pour l’apprentissage, la mémoire et la régulation émotionnelle.
Ce processus nommé neurogenèse est la manière dont votre cerveau se renouvelle et renforce sa robustesse. La neurogenèse soutient votre fonction cognitive, améliore votre mémoire, et aide votre cerveau à s’adapter et rester résilient.

Le silence permet aussi à votre système nerveux de sortir du mode « alerte constante ». Quand votre cerveau n’est pas occupé à réagir au bruit, au stress, et à la stimulation, il peut se reposer et se tourner vers l’intérieur. C’est à ce moment que se produisent les processus restaurateurs importants :


Cela explique pourquoi les pratiques comme la contemplation, la méditation, la prière silencieuse, et les promenades tranquilles sont si restauratrices. Quand vous vous asseyez avec vos pensées au lieu de vous en distraire, vous renforcez les circuits neuronaux impliqués dans la conscience de soi, l’intelligence émotionnelle, et le contrôle cognitif. Nous verrons dans un autre article comment nous sommes littéralement conçus pour faire face à ce qui arrive, surtout lorsque c’est difficile.
Avec le temps, cela améliore l’efficacité et la résilience de votre cerveau.

Le repos éveillé : le pont entre l’apprentissage et le sommeil
Après avoir appris quelque chose de nouveau, une technique de respiration, une visualisation, une nouvelle façon de penser votre maladie, votre cerveau a besoin d’une période de faible stimulation pour commencer à consolider cette nouvelle information.
Ce processus ne se produit pas pendant que vous continuez à consommer de l’input. Il commence quand la stimulation s’arrête.
Pendant le repos éveillé, votre hippocampe commence à « rejouer » les informations nouvellement apprises. Ce replay renforce les circuits neuronaux fragiles et les protège d’être écrasés par de nouvelles informations. Si vous contrôlez immédiatement votre téléphone, commencez une nouvelle tâche, ou vous exposez à plus d’input, ce processus est interrompu. La mémoire reste faible et se perd plus facilement.

Pratiques qui améliorent le repos éveillé

Parmi, ces pratiques, on retrouve :


Ces pratiques réduisent l’input externe et calment le système nerveux, permettant au cerveau de se tourner vers l’intérieur. Les recherches montrent qu’elles soutiennent la neuroplasticité, améliorent le contrôle attentionnel, et renforcent la formation de mémoire.

Le repos éveillé commence le processus de consolidation. Le sommeil le complète.
Pendant le sommeil, le cerveau transfère ces patterns renforcés dans le stockage à long terme et renforce encore plus les circuits neuronaux qui les soutiennent. Ensemble, repos éveillé + sommeil transforment une nouvelle information d’une trace fragile en mémoire durable.
Le repos éveillé n’est pas de l’inactivité. C’est la première étape pour rendre l’apprentissage permanent.

Le sommeil : quand l’apprentissage devient permanent
Le sommeil n’est pas passif. C’est quand votre cerveau complète le processus d’apprentissage.
L’hippocampe stocke temporairement les nouvelles informations pendant la journée. Pendant le sommeil profond, il rejoue et transfère ces informations vers le cortex, où elles deviennent accessible aux processus de mémoire à long terme. Pendant que cela se produit, le cerveau renforce les circuits neuronaux associés aux informations importantes tout en élaguant les connexions plus faibles ou non pertinentes.
Ce processus sélectif préserve les mémoires importantes et améliore l’efficacité du cerveau. Il stabilise ce qui est appris et rend les mémoires plus faciles à récupérer plus tard.

Sans sommeil :

C’est pourquoi étudier tard dans la nuit sans dormir produit souvent une rétention plus faible qu’étudier puis dormir.
Le manque de sommeil affaiblit également la fonction cognitive globale du cerveau. L’attention décline. La régulation émotionnelle s’affaiblit. La clarté mentale et l’efficacité d’apprentissage souffrent. Ces effets se produisent parce que le sommeil restaure les systèmes neuronaux qui soutiennent la concentration, la mémoire, et la fonction exécutive.
L’apprentissage ne se termine donc pas quand vous arrêtez d’étudier. Il se termine quand vous dormez.

Pratiques concrètes : comment intégrer le silence dans votre guérison
Vous n’êtes pas obligée de méditer 2 heures par jour ou de partir en retraite silencieuse pendant un mois. Des pauses courtes et intentionnelles suffisent. Voici comment :

1.Les micro-pauses silencieuses (2-5 minutes)

2.La promenade silencieuse (15-30 minutes)
Marchez sans téléphone, sans podcast, sans musique. Juste vous et vos pas. Observez ce qui vous entoure. Laissez vos pensées aller et venir sans les contrôler. Restez dans la sensation. Si cela vous ennui au début, faites le 54321 : 5 choses que vous voyiez, 5 choses que vous entendez, 5 choses que vous ressentez physiquement. Puis 4 choses que vous voyiez, 4 choses que vous entendez, 4 choses que vous ressentez physiquement. Puis 3 choses de chaque… puis 2 choses de chaque… puis 1 chose de chaque. Contemplez ce qui vous entoure. C’est pendant ces moments que votre cerveau peut faire des connexions que vous ne pourriez jamais forcer en « réfléchissant ».

3.La méditation de révision mentale (5-10 minutes)
Après avoir lu un article, écouté un podcast, ou participé à un groupe de soutien, il est utile de prendre 5 minutes pour :

4.Le protocole NSDR (Non-Sleep Deep Rest)
Développé par le neuroscientifique Dr. Andrew Huberman, le NSDR est un protocole de relaxation profonde qui permet à votre cerveau de consolider l’apprentissage sans dormir. Il y a « NSDR Huberman » sur YouTube pour des guidances gratuites de 10-30 minutes.

5.Protégez votre sommeil comme si votre vie en dépendait
Parce que c’est le cas. Le sommeil n’est pas négociable. C’est quand votre cerveau transfère vos nouvelles pratiques, vos nouvelles croyances, vos nouvelles façons de penser dans votre mémoire à long terme. Quelques petites choses qui font la différence :

Vous voulez aller plus loin ?
Dans le processus REVIS, nous enseignons exactement comment utiliser le silence, le repos, et la neuroplasticité pour soutenir votre guérison du cancer. Et vous pouvez découvrir comment les émotions sont construites par le sens et retrouver le calme simplement en venant à la journée qui change tout. Notre approche combine neurosciences, psycho-neuro-immunologie, les facteurs qui relèvent de la spiritualité dans la santé parmi ceux établis par Kelly Turner, et plus encore.
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Votre cerveau a besoin de plus de repos, pas de plus d’input.
La culture moderne glorifie la consommation constante d’information. « Plus » semble productif. En réalité, l’input continu affaiblit votre efficacité cognitive.
Votre cerveau a besoin de quelque chose de différent. Il a besoin de :

Ces périodes calmes permettent à la neuroplasticité d’opérer. Les circuits neuronaux se renforcent. L’apprentissage devient permanent. Le temps de repos n’est pas du temps perdu. Ralentir, c’est la meilleure manière d’aller vite. Ne rien faire, c’est le temps pour le cerveau de se reconstruire, s’organiser, se synchroniser. C’est exactement la chose la plus productive que vous puissiez faire parfois pour soutenir votre guérison.

Petit épilogue personnel

Pragmatisme et autres considérations d’un point de vue contemplatif

Évidemment, ce dont je parle vient de l’intégration de ma propre expérience. Parce que j’aime bien comprendre après avoir vécu les choses. Je me mets alors en mode « C’était quoi, ça, ce truc merveilleux? ».

Le savoir n’est pas ce qui me donne le pouvoir d’agir parce qu’à la base, je suis de nature contemplative, ce qui fait que, comme plein de rêveuses, soit j’agis en droite ligne de l’inspiration (et je peux devenir obsessionnelle), soit je n’agis pas (à moins d’avoir une deadline casi dead !).

Le savoir, je vais le chercher car je suis curieuse.

Aussi parce que j’aime partager, et que la connaissance commune fait pont commun. Il permet la connexion avec ceux qui l’ont déjà (que c’est savoureux de se reconnaitre mutuellement ;).

Le savoir me permet aussi, parfois, de faire écho aux aspirations des autres, de soutenir leur capacité d’action parce que je raconte ce qui peut être mais qu’ils n’avaient pas encore formulé. Tellement de gens ont fait ça pour moi à des moments où j’aurai pu renoncer si je ne les avait pas lu !

Donc il se trouve qu’en me réveillant ce matin, j’ai fait comme tous les matins au saut de la paupière. J’ai attrapé la grande feuille A3 pliée en deux qui m’attendait à la tête du lit, et le feutre noir posé dessus. Je n’ai même pas levé la tête, j’ai calé la feuille à coté de l’oreiller et j’ai commencé à écrire en commençant à me réveiller. Pour rien. Écrire pour écrire, comme je le fais tous les matins depuis de longues années.

Je vous le livre.

En quoi la souffrance fait de nous un être humain, humain ? Incarné, sensitif, agissant connecté à ce qui compte en vrai, au moins pour que perdurent les conditions de la vie ?

Je me souvins alors des paroles de Dan Short : « (…) cette femme, qui avait vécu les pires atrocités, n’était pas traumatisée. Une seule question n’avait cessé de l’habiter : en quoi cette expérience fait de moi une meilleure mère, une meilleure soignante ? ».

Meilleure, ça veut dire quoi ? Pour moi, ça veut dire un être vivant plus ouverte au réel de l’existence, à la force créatrice qui l’anime, à cet amour indescriptible parce que le mot même d’amour n’a plus lieu d’être lorsque le monde s’ouvre à vous ne serait-ce qu’un instant.

Et cet instant n’est possible que si l’on s’ouvre aux sens, les sens du Monde, sans aucune attente préconçue. Exactement comme ceux qui s’en remettent, littéralement, n’ayant finalement plus aucune attente. S’ils adressent des prières, ce n’est plus « que je sois sauvé ». C’est simplement la sensation d’être là, en cette présence omniprésente. Que leur espérance soit comblée (ou pas), n’est plus l’objet. Ils s’en remettent. Point.

Qu’est-ce qui se passe alors ? Quelle synchronisation ? Qu’est-ce qui nait de cette union ? Qu’est-ce qui vient après ? Je n’ai pas la réponse pour vous, je ne l’ai pas eu pour moi avant de le vivre. Et de laisser l’infusion se dérouler.

La seule chose que je peux dire, c’est que de nouvelles pensées me sont venues, de nouveaux gestes, j’ai fait de nouveaux choix, de nouvelles rencontres aussi… Et de fil en aiguille, me voila ici à vous raconter tout ça, ce qui pour moi était alors inimaginable à délivrer.

Qu’est-ce qui empêche ça ? Seules les habitudes d’agir, l’ordre dans lequel on perçoit, qui fait qu’on se laisse penser avant de sentir. La maladie, comme toutes formes de souffrance (puisque ce sont les mêmes réseaux qui traitent la douleur qu’elle soit physique ou sociale), la maladie appelle à revenir au corps, à la sensibilité, à la présence toute entière. Celle à portée des ondes gamma.

Avec cette compréhension du fonctionnement d’un petit bout du système neurologique, on conçoit que le corps soit par nature, destiné à aller vers de nouvelles perceptions, à travers l’amplitude de la sensitivité. N’est-ce pas comme ça que l’on s’ouvre au monde ? Présents pour en répondre ?

La spiritualité passe par le corps. Évoluer dans ses conceptions passe par le corps, cet intégrateur.

Dit autrement, l’évolution de nos conceptions n’est pas dissociée du corps. Elle passe par l’incorporation de plus de réel. Parfois, la sensation de l’omniprésence suffit. Cette transformation sera forcément irremplaçable et subjective. Nous n’aurons plus qu’à l’assumer… Facile à dire. Parfois, ça nous prendra dix ans, parfois moins si on s’éclaire mutuellement, qui sait ? Qui peut savoir ce que, dans ce domaine, nous nous donnerons à vivre ?

Finalement, on vit une ère extraordinaire. Ce qui différencie les observations des neurosciences décrites ici et les expériences mystiques, ce ne sont plus que les hypothèses de départ qui conditionnent l’interprétation des observations. Et aussi le fait qu’en sciences, jusque récemment, la sensitivité, comme la subjectivité, n’étaient pas de mise, par exclusion théorique. Est-ce à dire que la démarche scientifique reprend son sens, bottom up, en prenant le pas sur l’idée, l’identité que les sciences défendaient d’elles-mêmes jusqu’alors ? Il y a des tournants partout, dans la biologie avec le tournant végétal par exemple. Mais tellement partout en même temps !

Earl Miller, lui, a co-fondé une entreprise de neuro-marketing. Il y a encore 4 ans, il cherchait des cobayes volontaires pour tester un caisson permettant de synchroniser deux cerveaux humains. Je m’avance peut-être mais je parierais que tenter de transférer ce genre de synchronisation à des réseaux de neurones électroniques est une idée qui pourrait l’effleurer. Pour lui, la définition de la conscience semble toujours reposer sur une hypothèse de plus en plus difficile à défendre mais qui a la parole dure : l’existence de la conscience est du jus de cerveau.

Pourtant, des voix de plus en plus nombreuses s’élèvent ça et là. Celles des personnes qui ont vécu des expériences de mort temporaire ou celles qui sont conscientes de la vie avant la naissance, et qui ne peuvent donner foi à cette hypothèse. Je pense à Frédérique Lemarchand. Je pense à Anita Moorjani. Pour elles, comme pour des millions d’autres, il existe une continuité de la perception, incarnée, désincarnée. Une perception singulière, capable de s’en remettre à ce qui l’embrasse d’une certaine manière.

Ces personnes s’en remettent aux sensations éprouvées pendant qu’il est d’usage dans la culture scientifique actuelle de s’en remettre aux postulats de base, forcément antinomiques aux postulats qui ont donné à la science sa raison d’être : les hypothèses religieuses.

Il se passe peut-être là, entre la science et la mystique, quelque chose d’analogue à ce que décrit Earl Miller. La sensitivité des vécus océaniques vient à être écrasée par l’information descendante des habitudes de projection scientifique annihilant le sentir. Comme l’information portée par les ondes gamma, bottom-up sensitive, vient à être écrasée par l’information descendante bêta, top-down à partir des modes d’action, d’exécution.

Pour combien de temps encore ?

Car, cette conception d’une organisation top-down de la façon dont le corps vivant est animé trouve ses limites dans l’impasse qui est celle du consensus scientifique sur le sujet. Aujourd’hui, les neurosciences n’ont plus de définition consistante de la conscience.

L’issue viendra peut-être d’autres disciplines, puisque le réel ne connait pas de silots. A travers les explorations des sciences noétiques ? A travers l’astrophysique ? Il existe déjà des analogies entre neurones et galaxies. Cette perspective nous invite à prendre en considération ce que certains astrophysiciens ont déjà avancé : l’univers a un sens.

Alors comment notre existence s’inscrit en lui ? Comment notre infime et intime trajectoire embarque t-elle la sienne?

Tout le monde a déjà vu un verre explosé au sol en morceaux.

Mais qui a déjà vu des morceaux éparses se constituer en un verre ?

Personne.

C’est pourtant ce que fait l’univers depuis 13,8 milliards d’années.

La métaphore n’est pas de moi, elle est de l’astrophysicien David Elbaz.

De ma petite fenêtre, je pense juste que nos vies sont à l’image de l’univers.

Peut-être sommes-nous parfois conduits à prendre le temps d’intégrer, une partie avec l’autre, particulièrement piquante, sans pouvoir imaginer la grande image. Rien de plus normal, nous qui habitons la croisée des échelles, pétris d’infinis.

Cependant, si souffrir m’a appris une chose particulièrement précieuse, c’est que rien ni personne ne peut me priver de mon pouvoir de décision sans que je n’ai préalablement renoncé à en assumer la responsabilité. À moins que ce soit parce que je refuse de répondre de ce qui m’arrive que des évènements ou des gens me privent de mon pouvoir de choisir ?

Mais j’ai longtemps cherché la responsabilité où elle n’était pas. Je me suis donc longtemps battue, parfois avec le sentiment que chaque combat se retournait contre moi. D’autres ont peut-être trouvé l’issue par le seul écrasement. Ce n’est pas comme ça que je suis sortie de l’enfermement.

Comprenez-moi bien : du jour où j’ai retrouvé ce calme, j’ai continué à me battre mais calmement. En suivant les impulsions bottom up et en restant collée à ce qui arrivait, réintégrant le sens pas à pas.

Et ce qui s’est passé, c’est que les facultés sensitives se sont, comme qui dirait, entrouvertes. Évidemment, nos sens ne captent que très peu du réel, même en comptant entre 15 et 34 systèmes sensoriels selon les classifications (+ les possibles sens non locaux, extra-sensoriels). Prenez la vision, c’est quoi la capacité de notre système oculaire ? 5% du réel ? 10% chez ceux qui voient les émotions en couleurs ? On a de la marge. Quand je parle d’ouverture des sens, c’est par exemple la vision qui survient par le tressaillement, par l’odorat ou par la nociception (perception de la douleur corporelle) externe (douleurs des autres). Des voies de communication corporelles résurgentes ?

Le verre s’assemble, forcément impensable.

La plus délicieuse des sensations est de se glisser dans l’ajustage.

R. Réintégrer les projections jour après jour, les unes après les autres, ça donne parfois l’impression d’embrasser le crapaud du conte. Avant toute chose, ça semble impossible. Jusqu’à ce que ça devienne une habitude à l’étonnement.

E. Cultiver les états porteurs, c’est parfois une joie inénarrable… et parfois une tannée ! En sommes-nous capable, digne ? Jusqu’à ce qu’ils deviennent un chez soi.

V. Œuvrer à ses valeurs, ça n’est plus une honte de le reconnaitre : je n’aurais jamais pu le faire sans le soutien de celui que j’aime. Et je continue régulièrement à douter, est-ce que ce que je me donne de faire est bien ce qui compte le plus, ce qui m’anime ? Ma seule boussole est ce rire enfantin, irréfrénable. Et la texture de ma peau.

I. Suivre son intuition, c’est un saut dans le merveilleux qu’il est si facile de se refuser. J’essaie.

S. Et encore. Et encore.

Pour finir, aujourd’hui, la responsabilité inaliénable, je la vois dans notre pouvoir de création chevillée au corps. La nature proprement conceptrice de nos organismes. Dans les ondes, les neurones, qui sont loin d’être circonscrits au cerveau, et plus encore.

C’est si bien décrit par Viktor Frankl : notre pouvoir de choisir notre réponse. Et c’est là que les observations neuroscientifiques revêtent tout leur intérêt : quand donner sens se fait à partir d’un calme inaltérable, on se figure entier. Libre.

Or, comme le souffle ma petite voix, « prendre la liberté libère » :-))

A l’échelle de la civilisation entière, nous cherchons à retrouver le sens. Le sens du vivant. Partout, il y a urgence. Or il y en a un, de vivant, juste là. Mon corps. Votre corps.

Si la société perd son sens, si la culture perd son sens, le sens de l’univers se découvre. Il rétablit le lien. A travers le silence de votre cerveau, de petits riens, de sensations, remontant jusqu’au geste.

Cette attitude existentielle possible face à la maladie, face au cancer, elle trouve quelque part une résonance politique, au sens originel du terme (l’organisation du vivre ensemble dans la cité). Et en retour, la manière dont on se saisit de sa santé nourri la conception politique de la santé collective. Une personne avec l’autre, puis une autre, puis une autre…

Allons-nous choisir de continuer à nous battre bille en tête contre ce qui découle de nos propres ombres, symboliques, sociétales, individuelles ?

Allons-nous répondre de l’existence par la sensibilité et agir autant que possible depuis le calme malgré la tourmente, avançant grâce à la tourmente, découvrant les sens à travers elle ?


Sources scientifiques relatives aux travaux de Earl Miller

  1. Lundqvist, M., Rose, J., Herman, P., Brincat, S. L., Buschman, T. J., & Miller, E. K. (2016). Gamma and beta bursts underlie working memory. Neuron, 90(1), 152-164.
  2. Lundqvist, M., Herman, P., Warden, M. R., Brincat, S. L., & Miller, E. K. (2018). Gamma and beta bursts during working memory readout suggest roles in its volitional control. Nature Communications, 9(1), 394.
  3. Bastos, A. M., Loonis, R., Kornblith, S., Lundqvist, M., & Miller, E. K. (2018). Laminar recordings in frontal cortex suggest distinct layers for maintenance and control of working memory. Proceedings of the National Academy of Sciences, 115(5), 1117-1122.
  4. Bastos, A. M., Lundqvist, M., Waite, A. S., Kopell, N., & Miller, E. K. (2020). Layer and rhythm specificity for predictive routing. Proceedings of the National Academy of Sciences, 117(49), 31459-31469.

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