Résumé : Dans la santé ou dans n’importe quel autre domaine, la spiritualité est une activité, une pratique – et c’est aussi une substance (le souffle vital, la source de la vie) explicable par la nature de la réalité.

Si la nature de la réalité nous échappe intellectuellement, en tant qu’être vivant, il nous suffit de considérer l’aspect activité, « ce qui nous anime », pour reconnaitre la dimension spirituelle de notre existence – et donc pouvoir nous en saisir. Cet article explique comment le faire, indépendamment du « prêt à croire », qu’il soit conceptuel en regard de la science ou de la religion.

Car la spiritualité de chaque instant demeure tout simplement dans le sens que nous accordons à ce qu’est la santé, à ce qu’est la guérison, à ce qui nous arrive.

Et nous avons déjà donné un sens ! Essayez de ne pas donner de sens… vous y arrivez ? C’est pourquoi si la dimension spirituelle correspond au sens, nous ne pouvons pas vivre sans.

Mais ce sens que nous avons conçu : est-il vraiment dans le sens de notre guérison ?

Ce que l’on appelle transformation n’est souvent qu’une simple reconsidération du sens, une nouvelle conception de la maladie, de la souffrance, qui nous ouvre à une nouvelle identité, plus riche, plus joyeuse, plus intégrée – plus en capacité d’agir.

Le sens ? Les sens même – puisque nous allons découvrir dans cet article quelles sont les 4 composantes du sens, telles 4 feuilles assemblées pour former un seul trèfle.

NB ici, nous essayons de ne pas employer de mots valise comme « âme » ou « esprit » par exemple, sans être sûre qu’ils revêtent une signification semblable pour chacun, notamment aussi parce qu’ils ont été galvaudés ou connotés dans certains contextes. Autant que faire se peut, l’expérience sensorielle est le point de départ et le centre de nos descriptions.

En dehors des expériences mystiques ou de l’insolence des miracles, la spiritualité est souvent réduite à des concepts et des croyances. Et que l’on en aime certaines ou que l’on en déteste d’autres, elles nous éloignent toutes de la dimension spirituelle de nos existences, tout simplement parce qu’elles restent des représentations.

Et comme chacun sait, la carte n’est pas le territoire, loin de là 😉

Donc c’est un choix de ma part : mon propos est d’explorer le territoire et d’actualiser la carte (pas l’inverse, qui conduit souvent à se balader sur les chemins balisés, incapables de voir toute une partie de ce qui est).

C’est pourquoi, bien que la recherche avance à grands pas en alliant le visible et l’invisible, je ne vais pas essayer de justifier la dimension spirituelle par des théories relevant de la physique.

Libre à vous de choisir celles qui correspondent à votre conception du monde, une représentation qui vous donne le plus d’espace de conception possible – des théories qui, lorsque vous vous y plongez, vous apportent de l’amplitude, avive même physiquement l’amplitude de votre souffle comme c’est parfois le cas devant l’ineffable d’une toile ou d’un paysage.

La dernière fois que j’ai ouvert un ouvrage qui parlait de spiritualité, c’était sur un sujet qui me touche particulièrement : la vie par-delà la naissance ou la mort. Et l’auteur commençait avec un looong chapitre sur les théories scientifiques abordant le complexe sujet de la nature de la réalité. Physique quantique, physique unifiée, inscription dans le champ post matérialiste, diverses approches existent.

Mais j’ai trouvé vraiment dommage de vouloir essayer d’adopter l’une de ces conceptions avant de s’autoriser à revenir à sa propre expérience de la dimension spirituelle du monde, du corps. Peut-être parce que j’ai toujours quelque part en tête la remarque de Hubert Reeves, le célèbre astrophysicien, qui disait en gros « plutôt un chat comprendra la géométrie qu’un être humain la complexité de l’univers ».

Car la science qui expliquera tout n’existe pas dans le futur. Elle n’existe pas. Sauf à lui conférer une autorité religieuse.

Comme un autre astrophysicien dont j’aime tant la pédagogie, David Elbaz, il a finit par revenir à l’émerveillement. Pourquoi ? Parce que c’est la seule manière de décrocher de concepts, toujours limités – et de revenir au contact de ce qui est là, en revenant à la base : ce que l’on sent sensoriellement et qui est très concrètement le point de départ de chacune des interactions que nous vivons.

Cette sensibilité (à ne pas confondre avec l’émotivité) permet à ce qui nous anime d’interagir en permanence avec ce qui l’habite comme avec ce qui l’entoure – son milieu. Elle relève de la subjectivité. Et c’est parce qu’elle est partie intégrante de la perception que les chercheurs spécialisés dans l’étude de la conscience ont déjà réintégré la subjectivité dans l’équation depuis plus de vingt ans.

La subjectivité sensitive participe donc de la réalité à part entière, bien plus que le culte culturel de l’objectivité le laisse encore à penser. Il y a même des chercheurs qui suspectent qu’elle participe à précipiter, au sens chimique du terme, tout un pan de la réalité. Comme s’il existait un dialogue entre ce que l’on vit et ce qui arrive, à travers la manière dont on se vit, dont on se conçoit de tout son être, littéralement. Nous n’approfondirons pas ces considérations maintenant.

Et c’est parce que cette sensibilité est parfois entravée par l’émotivité, comme le mouvement est parfois entravé par un symptôme, que l’on peut observer des interférences dans le flot de l’existence.

Sinon, on passe d’un instant à l’autre, d’une sollicitation motivée par une perception intrinsèque (qui vient de nous) ou extrinsèque (qui vient de ce qui nous entoure) dans l’état émotif le plus fonctionnel (qui permet d’accéder à toutes nos aptitudes neurologiques) : le calme, légèrement teinté de joie.

Milton Erickson, médecin psychiatre et guérisseur américain qui a remis au goût du jour l’autohypnose en récupérant d’une attaque de poliomyélite alors qu’il était encore adolescent, a écrit : « La vie vous apportera son lot de peine. Votre responsabilité est de créer de la joie ». Pas une joie feinte. Un élan de joie porteuse, écho de nos choix et manifeste quand on fait ce qui nous tient à cœur.  

C’est pourquoi aux gens qui me disent « Ah mais la spiritualité dans la santé, ça intéresse qui ? Moi, face à la maladie, j’ai des jours avec et des jours sans, mais je ne vois pas l’intérêt de la dimension spirituelle ou de la santé intégrative du sens », je réponds toujours : « Tu ne la considère pas parce que personne ne t’a jamais montré comment la reconnaitre ou parce que le sens de ce mot est exclu de tes habitudes – mais elle est déjà là et elle agit déjà ! Les jours sans : c’est quoi ? Ce sont des jours où le sens accordé à ce qui arrive est tel qu’il t’empêche d’aller plus avant. Les émotions n’en sont que le symptôme, le signal ».

Nous verrons en détail dans un autre article comment les émotions sont construites à partir du sens. Et la douleur, avec sa composante émotionnelle et sa composante sociale, est aussi conditionnée par le sens que nous lui donnons. Donc la dimension spirituelle qu’elle revêt.  A fortiori la souffrance aussi, puisqu’elle relève entièrement de la dimension émotive.

La force de faire face nait du sens que l’on donne. Certains sens nous enlèvent toute force ! Autrement dit, ce qui nous anime est actif, agentif, agissant à chaque instant, à travers le sens que l’on donne à ce que l’on vit. Et ce sens contribue en retour à créer l’expérience que nous en avons.

La dimension spirituelle est ainsi entièrement mise au jour dans la vie de tous les jours, elle n’est pas dans un cloud flottant au-dessus de nos têtes, en option accessible à quelques élus ou chamanes initiés. Elle est partie intégrante de la vie incarnée. Chevillée au corps, elle nous embrasse et nous porte.  

Intégrer, assumer, répondre de la dimension spirituelle de la santé, la nôtre et celle de nos milieux : c’est tout l’art d’une vie !

Reste à choisir de l’investir, en s’ouvrant au courage de vivre puisque « entre un stimulus et une réaction il y a un espace. Dans cet espace notre capacité de choisir notre réponse. Dans notre réponse, notre capacité de croissance et de liberté » a écrit Viktor Frankl, médecin psychiatre, rescapé des camps de concentration et concepteur de la logothérapie.

Choisir notre réponse n’est possible qu’en étant présent à ce que l’on vit, présent à ce que traverse ce qui nous entoure. En répondant à l’existence par l’existence même.

Si elle se loge là, la spiritualité, concrètement comment s’actionne-t-elle, comment donnons-nous sens ?

Spontanément, lorsque l’on parle de sens, nous pensons à la direction, là où ça nous conduit, ce que ça indique. Nous pensons aussi à la signification, ce que ça représente pour nous. Juste après, nous pensons à ce qui nous est cher, ce qui compte. Et enfin ce qui nous parle.

Le sens comporte donc 4 composantes que sont :

La représentation, la signification – ce que ça représente pour nous

La direction –  là où ca nous conduit

Les valeurs – ce qui compte pour nous

L’intuition – ce qui nous parle

Petite précision : Si l’objectif permet de canaliser le besoin de prévoir, la direction n’est jamais donnée par un objectif. Comme l’écrivait le sculpteur Brancusi, « Ce qui est difficile n’est pas réaliser une création, c’est de se mettre en état de le faire ». Essayez de monter l’Everest sans vous mettre en état de le faire, ça restera un vœux pieux, une échappée rêvée. C’est pourquoi, la composante direction n’est pas la guérison mais l’état dans lequel les meilleures conditions pour guérir se créent.

R – Représentation  

E – État

V – Valeur

I – Intuition

4 composantes du sens + une car le tout est dynamique, mais dans quel sens ?

S – Spirale

R E V I S, c’est l’acronyme du processus créé par Living Fabric. Il vous invite à reprendre la main sur votre santé, en intégrant la dimension spirituelle.

Car répondre de la question « Pourquoi ça m’arrive à moi ? », que 8 personnes sur 10 atteintes de cancer se posent, est un facteur de guérison à part entière.

Et cette question repose sur une autre, toute aussi existentielle, qui va conditionner notre posture face à la menace : Qui vais-je devenir ? Qui les personnes qui me sont les plus chères vont devenir ?

Et qui suis-je déjà devenue… que je refuse d’être ?

Parce que voilà la faille : pour en sortir, la vie nous conduit à remettre en question une conception des choses. Pas n’importe laquelle. Celle qui sous-tend l’identité, la carte, l’idée de soi et l’idée de ce que je sais que les autres savent de moi. Un masque.

Dans les passages délicats, lorsque l’on se sent vulnérable face au danger, tellement qu’en sortir devient la priorité, cette idée vacille. Le blocage nous presse de ne plus peiner à reconnaitre ce qui cache ce que l’on se cache. Quand on est dedans, on voit rarement à quel point le merveilleux se love là, contre, tout contre la honte.

Projeté, le cache apparait sous la forme d’un conflit, intérieur ou extérieur.

Réintégré, reconnu, il est traversé. C’est toute la magie de nos masques 😉 et aussi du paradoxe de l’impardonnable, qui permet de choisir sa réponse en répondant de ce qui arrive par le courage de vivre acteur de sa santé et plus peut être.

La santé intègre le sens. Commencez par Pourquoi.

Journée intensive REVIS – prochaines dates disponibles sur demande.

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