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Apaiser, renaître, régénérer par l'énergie mentale intuitive & l'attention

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Et si… ou comment Rob Hopkins a réinventé la cité

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Et, ce faisant, réinvente notre manière de subsister sur Terre.

Réinventer n’est pas l’apanage de créatifs professionnels, à moins que nous soyons tous créatifs. Réinventer, c’est simplement créer une alternative. Une possibilité qui jusqu’alors n’avait pas vu le jour. Cette nouveauté se manifeste d’abord par une vision, une option mentale. Nourrie d’un désir, elle advient par des actes. Ainsi, réinventer, c’est agir selon une vision qui va tout changer à l’arrivée.

C’est comme cela qu’il existe des individus proposant au quotidien des visions conduisant à des expériences différentes de la vie. L’instant d’une musique, d’un récit, d’une sculpture, d’une peinture, d’un évènement… ils nous donnent à percevoir leurs visions cachées toutes subjectives et parfois si belles, si inspirées que l’on appelle ces gens des artistes.

C’est comme cela que chaque jour, à chaque instant, ici, maintenant, vous, moi, nous sommes artistes à notre manière : avec chacun de nos actes, nous réinventons notre avenir. Un avenir qui peut mettre au jour la beauté du monde. A moins de s’être arrêté sur une perception. A moins d’être bloqué par une habitude d’action qui nous conduit à refaire toujours les mêmes choix, ré-imaginer toujours la même chose.

A moins de manquer d’imagination. Tiens, parlant d’imagination, vous ne l’imaginez peut-être pas mais il existe des gens dont le kiff est de mettre au jour comment on fait ça, inventer l’avenir. En d’autres termes comment on crée ou réinvente ce qui nous arrive – son propre devenir. J’en fait partie.

Alors évidement, quand dans ma boite mail l’annonce d’une conférence d’un brasseur anglais qui réinvente la cité est arrivée, je suis sortie de mon ermitage pour aller écouter ce qu’il avait à dire. D’autant que deux jours plus tard, en répondant à une offre de mission, je suis « retombée » sur ce fameux Rob Hopkins dont j’ignorais jusqu’à l’existence la semaine précédente.

C’est comme cela qu’un soir de septembre juste après l’équinoxe d’automne, je me retrouvée assise dans la chaleur d’une grande salle à la charpente de bois et aux moelleux fauteuils recouverts de velours carmin. Un siège sur deux était occupé par un petit papier. A peine arrivée sur scène, la présentatrice nous a tout de suite invités à garder le masque. C’était ma première sortie dans ces conditions et je m’étais préparée à rester muette. L’amplitude de ma respiration étant bridée, je dégageais mon nez du tissu pour laisser entrer l’air un peu plus librement.

Assez vite, la maîtresse de cérémonie a fait place au conférencier qui entra direct dans le vif de son sujet. A brûle pourpoint, il annonce que le temps est venu pour nous de ne plus jamais voir l’avenir de la même manière car nous en aurons fait l’expérience. Le voila qui laisse la salle dans le silence après avoir suggéré, comme ça, de but en blanc, de fermer les yeux et d’imaginer le décor qui nous entoure en 2030.
Le silence est palpable. Je pianote sur l’écran de mon portable en continuant de partager sur les réseaux sociaux le lien vers la retransmission de l’intervention. Je n’ai aucune intention de faire cet exercice, malgré tout l’intérêt qu’il présente. Je m’en expliquerais bientôt.
J’attends… que la suite de l’évènement arrive : il s’agit de reprendre ses esprits et de partager sa vision avec son voisin, sa voisine, les gens qui sont là. Évidement, je ne peux solliciter personne. A cet instant je ne suis pas dans la vive énergie qui s’échange dans l’amphithéâtre, en duo d’inconnus qui se livrent leurs attentes de l’avenir, ces intentions présentes dans leurs cœurs sous forme d’images, de sensations.

Et voila que je sens quelques pressions sur mon épaule droite, façon toc toc toc… Je me retourne et vois les yeux gris bleus pétillants de l’homme assis derrière moi. Il me dit : Vous voulez savoir ? Je suis amusée de cette question. Bien sûr ! Alors il me raconte qu’en 2030, il a vu le paysage à une cinquantaine de kilomètres de là… sa dévastation après un accident de centrale nucléaire. Il est anxieux ; sa vision de l’avenir est sans vie. Évidement, lui dis-je. Il est un peu surpris. J’en profite pour continuer. C’est mon métier vous savez, j’entraîne les gens à utiliser leur attention et leur force mentale présentes pour prendre leur devenir en main. Voulez-vous mon conseil ? Ne faites jamais cela, vous concentrez de cette façon sans être bien ancré, aligné, dans un état expansé de la conscience. Vous n’avez pas capté le meilleur avenir possible ; à ce niveau, vous avez juste perçu vos craintes, vos espoirs. Votre vision a été filtrée par ce que vous ressentez, émotivement… Ne faites pas cela comme ça. Et en plus, ce n’est pas une exploration à réaliser en groupe. Car lorsque vous vous mettez dans un état de l’esprit correspondant à d’autres ondes cérébrales que celles de la veille ordinaire, lorsque vous êtes concentrés sur ce que vous ressentez comme ici par exemple, eh bien les cerveaux en présence peuvent se synchroniser ; des informations se transmettent alors d’une personne à l’autre et vous pouvez très bien ensuite ressentir des attirances qui ne correspondent plus du tout à vos libres aspirations. E. Miller (MIT) a démontré ce phénomène en 2018 ; il applique les résultats de ses recherches dans une entreprise privée qui fait du neuro marketing aux États-Unis. Et chez nous, l’Institut Pasteur travaille en équipes pluridisciplinaires sur ce phénomène de synchronisation cérébrale.

Déjà vous savez, c’est eux qui ont découvert que quand quelqu’un souffre et que l’on lui tient la main, cette personne se sent soulagée grâce à cette synchronisation. C’est ce qui se passe en fait, les ondes cérébrales dans le cerveau de la personne attentionnée se synchronisent avec celles de la personne qui souffre. Cela se produit à partir de phénomènes tout simples : respirer au même rythme, ressentir de l’empathie… C’est exacerbé par le toucher mais la présence suffit à déclencher ce mécanisme pour transmettre de l’apaisement ou autre chose ! Ça va loin vous savez ; il est bien utile d’être conscient de cette capacité de synchronisation que nous avons, les uns avec les autres. Pour moi, c’est important, d’apprendre à choisir autant que faire de peut, quand et pour quoi elle se déploie.

Sur ces mots, le conférencier reprenant la parole, notre conversation s’achève.

La suite de la conférence est pleine d’expériences dont je n’avais jamais entendu parler. Toutes ont le même propos : comment réintégrer notre aptitude à nous nourrir par nous-mêmes pour être à même de nourrir autrement nos environnements locaux. In fine, l’idée c’est que notre espèce arrête d’épuiser les ressources de la planète et, comme toutes les autres, se mette enfin à nourrir l’écosystème commun. Si chacun de nous reprend le fil de la régénération par soi-même, avec ce qu’il/elle a, ce qui le/la touche, si chacun réinvesti sa terre, alors on voit que la dynamique économique et sociale change. Ainsi, c’est possible : chacune de nos initiatives individuelles peut nourrir autrement, régénérer ce que nous sommes, cette société et le sol, l’air, l’eau, l’environnement plus large, l’environnement terrestre dont elle est le fruit… ou le champignon !

Ces expériences permettent de reprendre la main sur tous ces petits riens qui contribuent aux grands déséquilibres écologiques et climatiques, ceux qui sont en train de faire disparaitre des espèces vivantes, végétales, animales, des minéraux plus ou moins rares – et en viennent aussi à menacer la nôtre, d’espèce.

Comment s’était-il ouvert à cette nouvelle option, à l’inspiration ? Vous allez me dire : quelle inspiration ? Rien de nouveau sous le soleil : le principe de l’économie vivrière, c’est comme cela que vivent les moins complexes de nos civilisations – et ce, depuis la sédentarisation des chasseurs-cueilleurs !

Effectivement, pour vivre, il faut au moins pouvoir se relier (être au monde), se nourrir, s’abriter, se guérir et transmettre (pour éviter d’avoir à réinventer la fourchette à chaque repas). Rien de nouveau donc, sauf la signification que l’on donne à cet acte si simple d’investir le pouvoir de se nourrir en le faisant à nouveau par soi-même. Rien de nouveau, sauf la conscience de soi dans le monde, qui s’attache au geste, l’habite.

Et puis bien sûr, si l’on entre dans le détail des techniques utilisées pour le mettre en œuvre au 21ème siècle, il y a beaucoup de nouveautés, d’inventivité, d’innovations technologiques. Tout est nouveau dans les processus alimentant une économie circulaire pleine d’ingéniosité et d’ingénierie où chacun s’inspire des autres pour agir selon sa propre voie, en partant de la trame de la vie, en tissant dessus grâce à nos interactions. C’est ce qui fait que ce qui est un déchet pour l’un devient une ressource pour un autre, comme dans la nature – mais ce n’est pas mon propos ici.

Alors ce matin, j’ai pris la plume, si je puis dire. Pour mettre au clair mes perceptions. Créer, c’est exprimer son imagination. Et au fait, c’est quoi imaginer ? Les prospectivistes le savent bien, eux qui inventent des images de l’avenir, élaborent des visions pour faire apparaitre, créer la valeur de demain : il y a l’invention et il y a l’intuition. Alors, parmi tout ce que l’on imagine, comment voir la meilleure option possible, discerner la plus intuitive ? J’avais besoin de poser la distinction parmi nos compétences sensibles, celles qui passent à travers nos ressentis.

Il n’y a pas de convention « scientifique » entre tous ces termes car il est bien difficile de saisir la créativité ou l’intuition, comme on saisi des objets de recherche, avec des protocoles et des instruments de mesure. Mon exploration reste empirique, basée sur mes propres expériences. A vous de me dire celles que peut-être vous partagez !

Ce que je vois, c’est que l’imagination est la capacité à percevoir intérieurement des informations imagées, de se représenter quelqu’un ou quelque chose d’absent. Les images : sous cette forme, nos projections intellectuelles ou fantasmées apparaissent parfois sur l’écran de nos pensées ; peuvent aussi apparaitre d’autres images, qu’il est utile de bien distinguer. Ce sont les informations qui arrivent du canal intuitif, des images du futur en quelque sorte. Dans ce cas, les informations prennent aussi une forme imagée, visuelle. « Intuitio », c’est l’action de voir une image dans une glace. Mais l’intuition contient aussi des informations qui se présentent sous la forme auditive, gustative ou olfactive, ainsi que sous forme de touchés. A un certain point, elle devient clairvoyante. Loin d’être naïve, l’intuition nous permet d’accéder à une connaissance immédiate, sans passer par l’utilisation du raisonnement, sous réserve de valider son utilité, la réalité de l’intérêt novateur, judicieux voir même prospectif des informations qu’elle permet d’acquérir.

Lorsque l’on sait comment procéder, l’imagination ouvre donc sur l’intuition et les informations qu’elles amènent laissent une sensation de légèreté, on se sent comme une plume justement. J’ai imaginé partager une méthode très simple pour capter les informations les plus justes possibles. Je procède en deux temps : d’abord la préparation pour atteindre un état de sérénité. De nombreuses personnes, dont le physicien P. Guillemant qui, comme tous les scientifiques, a besoin de beaucoup d’inspiration pour poser des hypothèses intuitives, le trouve en marchant dans la nature, dans une forêt, au milieu des arbres…
Dans cet état de quiétude intérieure peuvent émerger les informations non filtrées par la tessiture émotionnelle. Ces données sont apportées par l’imagination, c’est à dire à travers les images. Cet état de sensibilité n’est pas émotif du tout. C’est un peu celui dans lequel on a l’impression que chaque dimension de la vie peut entrer dans notre expérience, même les plus indicibles. Des images émergent, et puis lorsque le processus avance, émergent aussi parfois un mot, parfois un parfum qui exalte un instant très intensément puis disparaît. L’imagination fait travailler le cerveau à un niveau qui est n’est pas conscient. La conscience, telle que l’on la définie habituellement, correspond aux activités courantes de veille active, légèrement en alerte, aux informations portées par les ondes bêta (c’est à dire entre 12 et 30 oscillations par minute ou hertz). Pourrait-on imaginer qu’être sensible serait avant tout percevoir ce qui n’est pas forcément conscient à ce niveau ?

Or lorsque l’on est dans un état dit créatif, réceptif à l’intuition, dans un état d’intériorité, lorsque notre regard se tourne vers l’intérieur pour y traiter la réalité subjectivement, les oscillations cérébrales se situent plutôt autours de 40 hertz. Ces fréquences ondulatoires correspondent aux ondes gamma, celles qui sont associées aux état de méditation.

Il se trouve que selon ce qu’on s’imagine être, les informations que l’on mémorise (images représentant des absences du passé) sont différentes. Cela donne une importance toute particulière à l’aptitude de ne pas trop s’identifier, s’arrêter sur une image mentale de soi… En effet, une telle image détermine de manière polarisée ce dont on va se souvenir et qui, à son tour, va influer sur nos habitudes d’action et de réaction. Imaginer ou mémoriser c’est penser l’absence ; cela engage les mêmes réseaux cérébraux. C’est pourquoi il est aussi important de s’entrainer à mémoriser que d’apprendre à le faire en intégrant une perception différente, une perception élargie de soi dans les expériences futures – par exemple, ce que je serais quand j’aurai acquis ces connaissances ou cette nouvelle langue ou qui je serais en ayant dépassé cet obstacle… On peut même imaginer intégrer une perception de soi future dans les expériences actuelles, de sorte que notre mémoire de ce que nous sommes en train de vivre facilitera notre aptitude à agir dans le sens de notre projet futur.

Ce projet n’a pas besoin d’être formel. Il est d’ailleurs plus intéressant qu’il ne le soit pas. Ce qui guide l’avenir, lui donne toute sa densité, ce n’est pas une image mentale mais l’énergie mentale qui correspond à un état de l’esprit. Aille, je vous ai perdu ?
Allez, un petit quiz, emprunté à A. Lloyd pour toucher du doigt ce concept d’état de l’esprit ! C’est rapide, juste 3 questions :
1/ Que voulez-vous le plus au monde 🌎 dès maintenant ?
2/ Si vous obtenez ce que vous désirez le plus, quelles seront les conséquences pour vous – et qu’est ce que cela changera dans votre vie ?
3/ Voila, vous avez tout obtenu, le génie vous a tout apporté et vous avez tout, tout ce que vous avez décrit dans votre réponse précédente. Alors, avec tout ça, comment vous sentez-vous ?

Vous avez toutes les réponses ? Et si la réponse à la question 3 était en fait, la réponse à la toute première question, ce que vous voulez vraiment le plus au monde dès maintenant ?
C’est de cela dont je parle lorsque je vous invite à appeler l’inspiration sur l’avenir directement avec un état de l’esprit, un état d’être – et non pas avec un projet formel. C’est, par analogie, l’idée que l’espace doit se manifester par lui même si on veut le libérer de la force du point de vue, en avoir une vision objective.

J’ai longtemps attendu du futur qu’il m’apporte ce que je ne voyais pas comment me donner et qu’évidement, je n’avais pas imaginé demander. Très empiriquement, ma vie m’a montré que nous sommes les architectes de ce qui arrive. Il y a dix ans, je luttais à corps perdu contre les évènements. Et plus je luttais, plus la fatalité semblait s’acharner.

Une nuit, j’ai trouvé la table à desseins. Comment ? J’avais tout essayé. J’étais de plus en plus étouffée par le resserrement des nouvelles, qui s’enchainaient façon nœuds coulants. Cette nuit là, alors qu’il m’était impossible de trouver le sommeil, je me suis dit : Et si… ? Et si c’était vrai tout ce que disent ces illuminés ? Et si c’était vrai que l’on crée ce qui nous arrive, qu’est-ce que je pourrais faire que je n’ai encore jamais fait ? A partir du moment où j’ai investi cette possibilité, j’ai pu réintégrer les projections agressives de mon environnement, une à une. Et des alternatives ont vu le jour, qui m’ont permis de sortir de l’impasse où je m’enfonçais jusqu’alors.

Et si… ? Avec cette simple question, tout d’un coup l’univers est devenu différent. Quelque chose venait dans mon esprit, restait à lui donner chair. R. Hopkins a modélisé ce mécanisme créatif. Il lui amène de l’huile en s’exerçant chaque jour. L’huile, c’est son attention. Il la porte à 4 rouages. L’être humain reçoit un futur qui vient l’atteindre. Il est empli de ses propres choix. Alors comment y glisser des choix réalisés avec la conscience la plus élevée possible, conscients de notre rôle actif, créatif, dans un monde plus vivant, plus grand que ce que l’on peut imaginer ?

Ces 4 sphères interactives qui font créer son avenir à R. Hopkins sont :

  • 1/ se donner le temps d’imaginer (il appelle ça les espaces)
  • 2/ savourer l’expérience d’un autre possible, faire l’expérience du goût de ce que l’on imagine, de ces alternatives d’avenir possibles (il appelle ça les lieux)
  • 3/ s’entrainer à imaginer souvent, avec divers outils, comme la question « Et si…? », pour en cultiver l’aptitude (il appelle ça les pratiques)
  • et 4/ aller à la rencontre du futur, en répondant à la question «Comment c’est réalisable ? » en donnant des conditions sécures où chacun se sente libre d’investir ce qu’il a imaginé (il appelle ça les pactes). C’est là que la rationalité entre en jeu, même si tout cela fonctionne par itérations.

Les espaces, les lieux, les pratiques, les pactes. Car on n’imagine pas en l’air ; il faut repasser par les zones cérébrales qui traitent cette partie de l’information – et les ondes cérébrales idoines. Notre corps s’implique dans cette activité.

Dans le bouddhisme, on dit que c’est le cœur qui donne sa forme au monde, tel que l’on le perçoit. Et pour cause : le traitement des informations correspondant à l’imagination est dit inconscient.

Mais pourrait-on investir ce traitement non conscient, ce traitement du cœur ? Éprouver, n’est-ce pas faire la preuve, activer dans l’accomplissement ?
Plutôt que de continuer à passer par le mode verbal et rationnel, est-ce que nous pourrions juste un peu plus nous ouvrir à l’aspect sensible de nos expériences, à la sensibilité, au traitement des informations par l’image, aux sensations (l’émotionnel) et à l’espace (le situationnel) nous permettrait de nous ouvrir aux données traitées hors de la veille active ? Et voir ce que ça donne.
C’est ce que les scientifiques, les vrais chercheurs font tout le temps lorsqu’ils créent des théories. Ils imaginent pour voir ce qui est encore invisible. La vision est canalisée par un modèle, imaginé. Le récit de l’astrophysicien D. Elbaz, qui travaille sur l’univers invisible, est très parlant. Lorsqu’il écrivit son roman « … Et Alice Tao se souvint du futur« , il se mit dans la peau de son personnage, imaginant qu’il trouvait la solution à une énigme. Cette expérience lui permis de laisser apparaître une hypothèse… qu’il repris et vérifia peu de temps après dans son laboratoire !

C’est ce que l’on fait dans cet état physiologique dit d’hypnose : porter attention à l’aspect sensible pour pour se laisser réinventer, rectifier, actualiser, et par là même réinventer le sens donné à une expérience. L’imaginaire pourrait-il être notre aptitude à digérer, intégrer le réel ? On refuse souvent ce que l’on n’imagine pas. Au début, certaines de mes perceptions, je ne m’autorisais pas à les exprimer, de peur des conséquences, car je percevais aussi très bien l’état d’être des personnes auxquelles je m’adressais. D’autres fois, les gens à qui j’en faisais part me répondaient : Mais tu te trompes, ce n’est pas possible, ça n’est pas comme ça, ça n’existe pas. Ce dont je faisais l’expérience n’était pas ce qu’il avaient appris, ni ce à quoi ils étaient sensibles. Alors j’ai adopté leur vision du monde, un monde dans lequel mes aptitudes ne pouvaient tout simplement plus être imaginées, exister. Il m’a fallu bien des rencontres pour petit à petit accepter d’accepter ce qui est, par petites bouchées ondulatoires.

Notre perception de la réalité est déjà un acte d’imagination. Et l’imagination nous ouvre au monde ; elle est une part essentiel formant notre façon d’habiter notre univers. N’est-il pas dommage de se priver de cette puissance qui fait notre spécificité d’être humain ? Imaginer, « ce n’est pas créer de la fantaisie, mieux se connaitre soi-même, c’est vraiment (fondateur) dans notre manière d’habiter le monde« . S’en dissocier, c’est se dissocier d’un puissant moyen d’accès à la Réalité, c’est se dissocier de sa propre véritable puissance.

A chaque instant, nous recréons le monde que nous percevons, avec un cerveau qui ne fait pas de différence entre nos expériences tangibles et nos expériences intangibles, imaginées. Il se passe des mécanismes que l’on ne connaissait pas, alors utilisant les images de choses présentes ou absentes, on les imagine. Cependant ce pouvoir de notre imaginaire est canalisé par ce que nous refusons d’accepter. Voila pourquoi, la seule clef que j’ai à vous proposer est de s’ouvrir à l’inconnu… Porter son attention à l’inconnu en vous-même, cet inconnu de l’inconnu que vous êtes pour vous-même. Et voir ce qui advient lorsque de là, vous éclairez votre existence, vous portez attention, vous prenez conscience. De vous, de vos obstacles, de vos attentes, de ce futur qui vient à votre rencontre et vers lequel vous acceptez à votre rythme de vous ouvrir, doucement – ou pas. Ce futur vient à votre rencontre ; l’inattendu est à portée de main. Plus il rencontre de conscience, plus il peut offrir la vie élevée dont il est porteur. Alors à nouveau, tout redevient possible lorsque l’on a fini de croire que l’on savait. On s’ouvre à ce que nous ne savons pas que l’on ne savait pas. Et pendant que nous imaginons, une partie de nous imperceptiblement se déploie… une partie de nous qui commence à murmurer que peut-être, on ne savait pas que l’on savait.

S’ouvrir à l’inconnu. Est-ce la voie la plus directe, la plus humble aussi, pour prendre en main, assumer, intégrer ce mystère, cette inimaginable intelligence que nous sommes, environnement compris ?

Cette humilité je ne l’ai pas imaginée, puisque j’étais longtemps focalisée sur l’attente d’une carrière dont je n’imaginais pas les impacts sociaux autrement qu’ascendants. Seulement voila, je suis née avec une sensibilité à la vie pour laquelle je n’ai aucune fierté à avoir, elle est ce qu’elle est. Alors première étape, j’ai mis mon attention sur ce qui fait de nous les architectes de nos devenirs ; en retour, j’ai vu que j’avais la possibilité d’investir cette aptitude à ma manière. Seconde étape, j’ai simplement accepté de la reconnaitre ; ce faisant, la reconnaissance externe est devenue secondaire et j’ai gagné en liberté. En échange de l’attachement au regard des autres on accède à l’engagement en soi – et le sentiment d’être à sa place. J’imaginais que tout cela allait un jour arriver d’un cloud…. une mission de vie ou je ne sais quoi qui se révèlerait… eh bien non, le sentiment d’être à ma place a émergé de mon engagement vis à vis de ce qui avait été si long à reconnaitre : ma propre sensibilité à la vie. Si chacune de nos sensibilités est unique, peut-être que la nécessité de les reconnaître par nous-mêmes est semblable pour tous…

Comme probablement le plan de notre existence, notre cerveau est bien fait, rien n’y est inutile. Cependant tout ne fonctionne pas en même temps. Ce qui est actif à un moment ne le sera plus à un autre. Même si, tout le temps, jour et nuit, notre cerveau est parcouru par toute la gamme des oscillations cérébrales… vertigineux d’imaginer le nombre impossible à calculer des informations qui potentiellement peuvent être captées par lui, n’est-ce pas ? Vu la vitesse à laquelle va la réalité, il en faudrait, de l’attention ! Ce qui consomme le plus d’énergie cérébrale, ce n’est pourtant pas notre activité consciente mais l’activité qui échappe à notre conscience de veille-alerte (fréquences alpha/bêta) et qui pourtant nous anime.

Ce potentiel de nos consciences m’inspire bien avant la technologie. Je le crois mieux à même de me permettre d’habiter ma vie en accord avec ma nature, de rendre possible la restauration de la biodiversité avec une conscience élevée du vivant, et par là même, de mieux habiter ce monde en élevant mon attention vers ce qui peut être, de l’intérieur. Car aujourd’hui, il semble bien que le socle scientifique, en apportant une compréhension de nos interrelations, des bactéries aux étoiles, apporte une vision globale du vivant sur terre. Nous ne sommes pas extérieurs au vivant, nous ne pouvons plus nous voir que comme des êtres dont nous pouvons tirer profit. Que ce soit les autres hommes, les animaux, les plantes encore plus silencieuses, les terres et toute la nature dont nous sommes issus. Voilà ce qui est en train d’émerger, de devenir un phénomène de société, une réinvention commune née d’une vague de prises (d’élévation ?) de consciences. Sur ce chemin, trouvera-t-on ce que certains auteurs, dont B. Cyrulnick ou E. Morin, appellent de leurs vœux, « le sens de notre communauté humaine de destin » ? Un destin inclusif, le vivant au centre.

Habiter le monde avec la conscience de cette unité du vivant, à partir de laquelle tout se déploie. Ressentir cela ; agir en ce sens dans chacun de ses gestes tangibles ou intangibles, laisser les connexions neuronales matérialiser cette expérience et alors arrivé là, oui, pouvoir penser un autre devenir. Peut-on trouver dans ce cheminement une interprétation à ce que les mystiques appellent conscientiser, intégrer l’esprit dans la matière ? Cet esprit qui s’écoule dans une matière où les seules images de l’avenir qui se cristallisent sont celles qui résonnent avec les attentes de nos sensibilités, de ce que nous ressentons. Les autres avenirs, tels ceux du chat de Schrödinger (vous savez celui qui était à la fois mort et vif, dans tous les états en même temps avant que l’observateur ouvre ce qui le contenait), ces autres avenirs donc, disparaitront. Tant que nous ne portons pas attention à ces attentes en nos cœurs, tant qu’elles ne sont pas écoutées, nous ne pouvons pas agir sur notre devenir.

PS : Comme à l’habitude infiniment agréable, hier soir en allumant machinalement la radio quand je suis montée dans la voiture pour aller chercher l’une des enfants, j’ai été enchantée par les ondes. Enchantée d’écouter la conversation de B. Stiegler. « On vit une époque qui invite à l’engagement » disait-elle. En arrière-plan, la constante question de comment investir sa puissance d’agir, sa puissance d’action justement. Pour elle, c’est l’engagement qui déclenche l’imagination. Car cette aptitude permet d’articuler pensée et affects, imageant une autre manière de penser la vie. J’ai attrapé un petit reçu de carte bleue et au dos, j’ai griffonné ses paroles ; j’avais l’impression qu’elles me parlaient « (…) d’accomplir nous-mêmes les actes prescrits pour détruire … Cela conduit à la souffrance insidieuse, des dangers pour la santé. On exécute des choses avec lesquelles on n’est pas d’accord, par soumission. Ça nous ronge. Ça nous empêche de travailler. Je préfère la saine fatigue de l’engagement. »

S’engager dans le monde, faire, s’accompagne aussi de dire, de raconter. Je le vois en écrivant : lorsque j’écris, je formule, au sens alchimique, ma vision du monde… qui à son tour interagit avec ce que je perçois, l’élargit – ou parfois la restreint. Le geste compte, il incarne ma posture, mon « déploiement éthique » comme le nomme C. Fleury. C’est cette posture qui me conduit maintenant à envisager de fermer mon cabinet. Car ce n’est pas moi qui ai le pouvoir d’apaiser les gens, de les faire renaître ou de réinventer leur situation. Ça ne marche pas comme cela, même si certaines personnes pensent qu’il faut utiliser le pouvoir que les autres nous donnent pour mieux les ramener à eux-mêmes. Mais que deviennent vos jambes si quelqu’un d’autre vous porte ? Soyons courageux : in fine, chacun doit apprendre, jour après jour, à le faire pour soi. Que deviennent vos jambes si quelqu’un d’autre vous porte ? En faisant ce geste, je vais m’inscrire avec force dans ce qui me porte à agir : oui, nous sommes vulnérables, comme l’eau… Nous sommes infiniment vulnérables mais pas fragiles. Personne n’aurait l’idée de dire à un bébé qu’il n’aura jamais sa vie en main. Il lui est vital de tenir sur ses propres jambes et de recevoir l’inspiration de l’intérieur, à sa manière. C’est ce que vous souhaitez pour lui, non ? En naissant, il en a le potentiel. En s’engageant dans cette voie, en choisissant de redonner le pouvoir d’agir à chacun, ici, maintenant, on nourri déjà ce qui peut être.

Si notre perception nous embarque dans le monde à bord de récits, nous pouvons en créer d’autres en permanence. Sauf si nous nous en empêchons, avant tout mentalement. Sauf si nous focalisons sur ce qui ne devrait pas être possible et engageons notre attention à lutter au lieu de nous focaliser sur une nouvelle proposition. Sauf si nous déléguons la production des récits à d’autres, aux producteurs d’images dont Netflix est le massif conquérant. Ces images qui divertissent en apparence, finalement je me demande si elles ne finissent pas par encombrer plutôt notre espace interne de création… à une époque où l’invention de l’avenir passe avant tout par la stimulation de l’imagination ! Dans ce grand puzzle qui s’assemble pour former la nouvelle image de nos sociétés, chacun a sa place, la place de renaître pour faire renaître.

Renaître, c’est s’aventurer. Pouvoir explorer plus au large, c’est accepter d’autres récits, plus larges eux-aussi ; ceux que l’on trouve en soi, pour peu que l’on prenne le temps de s’écouter ! Sinon c’est figé. Jusqu’à ce qu’à un moment, on ose enfin voir l’histoire de notre futur imaginaire, venu de cette terra incognita intérieure, auquel seule notre propre attention donne de la densité.

Décidément, l’imagination est dans l’ère, dans l’air de notre temps. C’est pourquoi j’aime tant cette entreprise, Transeformind, inventée pour être un poteau indicateur, une antenne relais pour amplifier la capacité à imaginer en conscience.

Beaucoup focalisent directement sur l’écologie en oubliant que sans l’engagement de chacun à élever sa propre conscience de soi, à imaginer des alternatives en écoutant sa propre intuition, ils s’en dissocient. Ils manquent d’y inclure leur propre potentiel, la contribution de leur écologie personnelle. Vous imaginez une écologie durable, libre, sensée sans cette cohérence ?

Merci de votre attention jusqu’ici car il m’a fallu beaucoup de mots pour raconter mon engagement. J’imagine qu’au fil du temps, demain, au fur et à mesure que de plus en plus d’individus reprendrons la main sur leurs devenirs, des mots il en faudra de moins en moins.

NB : … et de la créativité, de plus en plus ! Les compétences en créativité, imagination (et stratégie) sont les piliers du futur, notamment le futur du travail selon Harvard Business Review. Non automatisables ou transférables à la machine, ces facultés sont inhérentes à la conscience humaine. Vous voulez déployer ce potentiel ? Quel que soit votre état, quel que soit le moment de votre vie ou l’avancement de votre projet, ici nous facilitons la mise en œuvre de votre imagination dans l’action !

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